Le virus de Schmallenberg arrive dans nos élevages

Bruno Le Maire a saisi l’Anses pour évaluer l’impact de cette nouvelle maladie sur les élevages et a demandé que les experts soient mobilisés sans délai pour mettre au point un test sérologique de diagnostic et un vaccin adaptés. - © S. Leitenberger
Dans le cadre d’investigations relatives à des diarrhées fébriles chez des ruminants, le laboratoire de référence allemand Friedrich-Loeffler-Institut (FLI) a identifié en novembre 2011 un nouveau virus, nommé Schmallenberg virus (en référence à une ville proche des foyers, située à 80 kilomètres au Sud-Est de Dortmund, en Allemagne) ou SBV.
Ce virus affecte les ruminants. L’infection aiguë semble se manifester chez les adultes par une hyperthermie, une perte d’appétit, une chute de production chez les vaches laitières, de la diarrhée, des avortements. L’infection des femelles gestantes peut se traduire par la naissance d’animaux malformés (blocage des articulations, raccourcissement des tendons du jarret, déformation de la mâchoire, quasi-absence de cerveau à l’origine de signes nerveux mortels...).
En l’état actuel des connaissances, voici ce que l’on peut dire concernant ce nouvel agent pathogène :
- les virus de cette famille n’affectent pas l’humain, ni par contact avec un animal malade, ni par la consommation d’un produit animal provenant d’un animal contaminé ;
- le virus de Schmallenberg est très vraisemblablement transmis par voie vectorielle, par l’intermédiaire d’insectes volants (culicoïdes, moustiques) ou de tiques.
Cette affection n’est actuellement visée par aucune réglementation internationale, communautaire ou nationale.
Situation épidémiologique
en Europe
Voici la situation telle qu’elle se présentait au 1er février 2012 :
- Allemagne : 186 élevages atteints confirmés (dont 172 ovins, 7 bovins et 7 caprins) ;
- Belgique : 62 élevages atteints confirmés (61 ovins et 1 bovin) ;
- Pays-Bas : 80 élevages atteints confirmés (75 ovins, 2 bovins et 3 caprins) ;
- Angleterre : 11 élevages atteints confirmés (11 ovins).
Situation épidémiologique en France
La présence du virus a été confirmée dans 27 nouveaux élevages entre les 27 et 31 janvier 2012 par le Laboratoire de santé animale de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de Maisons-Alfort, sur des ovins nouveau-nés malformés, dans des exploitations situées dans les départements de l’Aisne, du Calvados, de la Haute-Marne, de la Meuse, de la Meurthe-et-Moselle, de la Moselle, de l’Oise, du Pas-de-Calais, de la Seine-Maritime et de la Somme.
Voici le bilan que l’on peut faire de la situation en France au 30 janvier 2012 :
- 94 suspicions cliniques déclarées depuis la mise en place du dispositif de surveillance ;
- 29 cas confirmés ;
- 42 suspicions infirmées ;
- 23 suspicions en cours d’investigations (essentiellement dans le Nord-Est de l’Hexagone, cf. carte ci-contre).
Rappel et recommandations aux éleveurs
Face à ce risque émergent et considérant la proximité des cas dans les pays voisins, une surveillance a été mise en place par la Direction générale de l’alimentation (DGAL) du ministère de l’Agriculture.
Il est demandé aux éleveurs de ruminants dont les animaux présentent une hyperthermie, une perte d’appétit, une chute de production chez les vaches laitières, de la diarrhée, des avortements, ou dont les nouveau-nés présentent des malformations ou des signes nerveux, d’isoler les animaux malades à l’intérieur du bâtiment d’élevage, si possible dans un local d’infirmerie ou de quarantaine, et de contacter leur vétérinaire sanitaire dans le cadre de la surveillance mise en place : son intervention sera alors directement prise en charge par l’État (déplacement, visite, diagnostic, prélèvements et leur acheminement au laboratoire) au même titre que les analyses mises en œuvre.
L’apparition de ce nouveau virus nous replonge dans un contexte similaire face auquel les éleveurs ont été confrontés dès 2006, puis en 2007 et 2008 avec les virus de la fièvre catarrhale de sérotype 8 puis 1. La vigilance et la surveillance doivent conduire les éleveurs à alerter leur vétérinaire en cas de doute.
Il est fondamental de disposer d’une photographie réelle de la situation en termes d’infection, d’impact, de diffusion de la maladie. À partir de ces éléments, des moyens pourront être pris visant la mise au point d’un vaccin ou d’un outil de diagnostic sérologique par exemple.
FIR GDS Nord Picardie
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