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Trois innovations techniques pour le Contrôle laitier

L’automatisation de la collecte des données devrait se développer en 2010 grâce à l’utilisation d’un boîtier de saisie en salle de traite.

12 décembre 2009 A. Conté Vu 3696 fois

Crise du lait, arrivée de la sélection génomique, concurrence, etc. le contrôle laitier a connu des jours plus fastes.Tout en faisant évoluer l’offre de conseils, la meilleure façon de résister à cet avis de tempête est de poursuivre les innovations techniques.

1 - L’automatisation de la collecte des données se développe.

« L’utilisation d’un boîtier de saisie type PDA équipé d’un lecteur de puce RFID permet désormais de faire automatiquement le lien entre le numéro de flacon et le numéro de la vache identifiée à l’aide d’une bague paturon à la patte », a expliqué Christophe Lecomte, responsable du pôle technique, le 12 novembre à la veille de l’assemblée générale de France Contrôle laitier. « L’étape suivante, facultative, consiste à coupler le boîtier avec un compteur électronique portable (Lactocorder ou EMM). L’ensemble de la collecte des données est ainsi automatisée ».

Mais cela demande aux organismes un investissement financier plus important (rapport de 1 à 10 entre un compteur mécanique et un compteur électronique). Rien n’empêche de continuer à mesurer la production avec un compteur mécanique true-test. Environ 2000 lactocorder et 2 000 EMM sont aujourd’hui utilisés sur le terrain par une cinquantaine de contrôleurs pour 45 000 truetest mécaniques. « Cette automatisation permet de gagner en fiabilité et en confort de travail aussi bien pour l’éleveur que pour le peseur ».

L’identification électronique de la vache par une bague à la patte a très clairement la préférence du Contrôle laitier « d’autant plus que l’identification officielle électroniqueélectronique auriculaire, pour les bovins, sera volontaire ». Deux alternatives, avec une puce auriculaire, ont été étudiées : le portique placé à l’entrée de la salle de traite qui est source d’erreur (lorsqu’une vache entre puis recule), et les antennes équipant chaque poste de traite jugées trop coûteuses (voir Réussir Lait élevage, octobre 2009, p. 48). Qui paiera les bagues paturon (environ deux euros par bague) ? « C’est à chaque organisme de contrôle laitier de le décider », répond Serge Bazin, directeur de France contrôle laitier en soulignant « qu’à partir de cet identifiant, d’autres utilisations sont possibles. »

2 - Un logiciel Ori-automate pour les éleveurs équipés de compteurs électroniques ou de robots.

« L’objectif est de pouvoir échanger les données dans les deux sens entre les systèmes CLEFS/robot et les systèmes d’information du Contrôle laitier donc de les rendre compatibles. La première version de ce logiciel est bien avancée et sera testée par des organismes tests en 2010. » Dans les versions ultérieures, le périmètre des automates devrait être élargi (DAC…).

3 - Un programme européen Optimir pour valoriser l’analyse du lait.

Toute modification de l’état d’une vache (maladie, problème alimentaire ou de repro…) entraîne un changement de composition du lait et donc de l’ensemble du spectre du lait. C’est sur ce constat qu’est basé tout le programme Optimir, qui rassemble les organismes de contrôle laitier belges, irlandais, anglais, allemands, luxembourgeois et français, et différents experts de ces pays. « Plutôt que d’analyser un à un les composants du lait, il s’agit d’analyser le spectre. L’objectif est de fournir un outil d’alerte et de prédiction permettant d’interpréter les spectres. »

Le démarrage de la collecte des données nécessaires pour construire ce système expert est prévu en 2010 et les premières versions d’Optimir (limitées dans un premier temps par exemple aux problèmes alimentaires) sont prévues pour 2012. Un outil très ambitieux au service des conseillers et des éleveurs qui à terme concernera toute la conduite de l’élevage. ■

 

L’offre de services évolue

Le contrôle B, lancé en 2005, concerne aujourd’hui environ 5 % des adhérents. Toujours dans l’optique de dépenser moins, la tendance est, pour le protocole A, à la réduction du nombre de passages du peseur. La révision des politiques tarifaires est également à l’ordre du jour, avec moins de mutualisation des coûts entre petits et gros troupeaux à cause de la concurrence (Lacteus) qui s’adresse aux gros troupeaux. Et les services de contrôle non officiels se développent, ainsi que les prestations « sur mesure » (comme un 12e contrôle).

Les conseils autour des coûts de production, de la prévision de production, de l’analyse globale, de l’environnement, du developpement durable… ont le vent en poupe. À noter que depuis le 1er janvier 2009, le contrôle laitier a obligation de séparer la collecte des données et le conseil.

 

 

 
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